Les OMD au Gabon

LES OBJECTIFS DU MILLENAIRE POUR LE DEVELOPPEMENT AU GABON À MI PARCOURS DE 2015

La situation des OMD au Gabon

A la lecture analytique de la situation des Objectifs du Millénaire au Gabon qui s'appuie sur diverses études dont le rapport national sur les OMD publié en 2003, et l'enquête récente menée par l'EGEP et publié par la Banque Mondiale en 2005, la situation des OMD au Gabon se présente comme suit :

1. Objectif N°1 – Réduire l'extrême pauvreté et la faim d'ici 2015 :

Le seuil de pauvreté absolue qui est le revenu minimum pour la satisfaction des besoins nutritionnels compte tenu des habitudes alimentaires et d'un minimum de dépenses de base (habillement, transport, etc.) était estimé en 2003 à 29 000 francs CFA par mois et par personne. Partant de cette considération, l'incidence de la pauvreté au Gabon était estimée à 25% de la population.

 

2. Objectif N°2 – Assurer l'éducation primaire pour tous

Le taux de scolarisation du primaire est au Gabon, parmi les plus élevés d'Afrique subsaharienne ; le tauEt, selon l'Enquête gabonaise pour le suivi et l'évaluation de la pauvreté (EGEP) menée en 2005, la pauvreté touche 33% de la population dont 30% des personnes vivant en milieu urbain et 45% en milieu rural. x net de scolarisation était en 2003 de plus de 90%, uniformément réparti entre filles et garçons. Il est évalué à 92,44% par l'EGEP en 2005.

Toutefois, on note la faiblesse des rendements internes du système éducatif qui explique le niveau tout aussi élevé des taux d'abandon et de redoublement (39,74% en 1988/89 contre 38,91% en 1994/95).

Sur 1000 élèves inscrits au Cours Primaire 1 (CP1), 69,5% terminent l'année. Et seul 22,9% terminent avec succès le cycle primaire d'où un taux de déperdition élevé.

En 2002, sur 1000 élèves inscrits au Cours Primaire 1, seuls 11,5% ont atteint le CM2.

En ce qui concerne l'alphabétisation, on notait 62,6% de personnes adultes sachant lire et écrire. Dans ce domaine, des progrès continuent d'être réalisés, l'EGEP ayant relevé qu'en 2005, 85.4% de la population était alphabétisée.

D'énormes efforts ont été accomplis pour atteindre cet objectif, notamment en ce qui concerne l'accès aux études primaires et l'alphabétisation.

3. Objectif N° 3 : Promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation de la femme d'ici 2015  :

Dans ce domaine, des progrès substantiels devraient être réalisés, notamment en ce qui concerne l'accès des femmes à la santé, à l'instruction/alphabétisation ainsi qu'aux postes de responsabilité dans l'administration publique et les autres instances de décision.

En matière d'éducation, on note une baisse du taux de scolarité des filles, notamment vers la fin du cycle secondaire en raison particulièrement des grossesses précoces.

On note aussi un plus fort taux d'analphabétisme et de chômage chez les femmes, 18% contre 16% chez les hommes en 2003, ainsi qu'une faible représentativité des femmes dans les postes de décisions.

4. Objectif N°4. Réduire la mortalité des enfants de moins de 5 ans  :

Jusqu'en 2003, les niveaux des taux de mortalité des enfants n'ont que timidement évolué ; la mortalité infantile reste encore élevée au Gabon, même si la tendance est baissière sur une longue période, passant de 95 pour mille en 1992 à 61,1 pour mille en 2003.

En effet, les taux élevés de mortalité et de morbidité relèvent la forte prévalence des maladies respiratoires, diarrhéiques, les anémies, la malnutrition, la rougeole, les convulsions et surtout le paludisme.

Quant à la couverture vaccinale, il s'élevait à 16, 8% en 2000. Il est à remarquer que des évolutions positives peuvent être notées même si les efforts doivent se poursuivre.

5. Objectif N°5. Améliorer la santé maternelle

La mortalité maternelle demeure préoccupante au Gabon même si des progrès notables sont comptabilisés : la couverture en soins prénataux est passée de 78 à 85% (donnée du rapport 2003) et la mortalité elle-même est passée de 600 pour 100 000 naissances vivantes en 1988 à 519 en 2000.

Les principales causes de cette mortalité maternelles sont les hémorragies, les avortements provoqués, les MST, etc.

6. Objectif N°6 – Combattre le VIH/Sida, le paludisme et d'autres maladies

Concernant le VIH/Sida le niveau de séroprévalence est particulièrement élevé au Gabon. La séroprévalence est passée de 1,8% en 1986 à 2,6 en 1991 pour approcher les 8% en 2000. Les grandes villes comme Libreville, Port-Gentil et Franceville sont les plus touchées. L'analyse approfondie des données d'enquête montre que le pic se situe dans la tranche d'age des 15 – 49 ans.

Le paludisme, lui, reste endémique et constitue la principale cause d'hospitalisation, tout en étant au premier rang des origines de la mortalité au Gabon. La tendance est toutefois à la baisse à la lecture de certains indicateurs (gouttes épaisses négatives, prises en charge) et grâce à l'action gouvernementale et à l'appui du Fonds Mondial de lutte contre le Sida, le paludisme et la Tuberculose et des autres partenaires.

7. Objectif N°7 – Assurer un environnement durable

La forte urbanisation des grandes cités a un impact sur la qualité de l'environnement et entraîne les conséquences suivantes : la précarité du cadre de vie et de l'habitat, l'accès à l'eau potable (avec un taux d'accès de 74% dont 94% en milieu urbain et 45,8% en milieu rural) et l'accès à des services d'assainissement (76% des ménages utilisent des latrines).

En ce qui concerne la gestion des ressources environnementales, les données de 2003 indiquent la forte pression sur l'exploitation de certaines ressources naturelles à forte valeur ajoutée (ressources ligneuses, faune, flore, etc.), la pollution au sein des agglomérations urbaines et rurales, une gestion inadéquate des ressources en eau, et l'accès difficiles aux sources d'énergie à usage domestique, etc. L'EGEP révèle, toutefois, que l'accès à l'électricité est passé de 90 à 93% entre 2003 et 2005 d'où une amélioration sensible.

8. Objectif N°8 - Mettre en place un partenariat mondial pour le développement 

Les pays donateurs se sont engagés, à hauteur de 0.7% de leur PNB à aider les pays en développement sous réserve que des politiques de bonne gouvernance soient mises en place.

Pour ce faire, le Gabon s'est engagé en 2003 à réactiver l'attractivité de son environnement économique, et à renforcer la crédibilité de l'Etat auprès de la communauté financière internationale, tout en consolidant l'état de droit et l'amélioration du cadre institutionnel et réglementaire.

Il s'agit désormais de mettre l'emphase sur l'amélioration de la qualité de la gestion publique et notamment de la dette, dont le service a un impact négatif sur les investissements publics en faveur des secteurs sociaux de base tels l'Education, la Santé, et la fourniture de l'eau potable et de l'électricité). Ceci a également pour conséquence de limiter la marge de manœuvre du Gouvernement à promouvoir le développement humain.

 


Les liens entre les différents cadres de planification et de programmation du Développement  initiés par le gouvernement gabonais et les OMD:

Le Gabon a adhéré, à l'instar des autres pays membres des Nations Unies, à la Déclaration du Millénaire bien qu'étant déjà engagé dans une vision à long terme.

En effet, dès 1995, il s'est engagé dans l'élaboration d'études prospectives et la définition d'une loi d'orientation stratégique. Et cette démarche a été soutenue par l'élaboration d'un Document Stratégique de Croissance et de Réduction de la Pauvreté (DSCRP). Le Gabon, pays à revenu intermédiaire, a entrepris cette démarche de manière volontariste et dans un souci de meilleure planification des actions de développement. Il a également pris une part active à la série de conférences et de sommets internationaux qui ont précédé la Déclaration du Millénaire . Ces initiatives entretiennent d'intéressantes synergies stratégiques et opérationnelles.

En 1995 fut initiée une étude à long terme : l'étude prospective GABON 2025. Il en ressort une ambition de faire du pays un modèle de démocratie et de développement. De cette vision découle la Loi d'Orientation Stratégique pour le Développement Economique et Social. Il s'agit d'un instrument de la Planification du Développement (LOSDES) permettant de réaliser des résultats tangibles à moyen et long terme. Le DSCRP est, lui, un document de stratégie à court terme. Il permet l'application optimale de la Loi en précisant davantage les stratégies et politiques de développement, tout en donnant quelques orientations. Quant au Cadre de dépense à Moyen Terme (CDMT), il est un outil opérationnel du DSCRP.

Les DSRP identifient quatre domaines principaux pour l'action publique: des politiques macroéconomiques et structurelles destinées à soutenir une croissance durable; l'amélioration de la gouvernance; des politiques sectorielles pour la lutte contre la pauvreté ; et une estimation des coûts et des financements pour les principaux programmes. L'intégration des OMD dans les DSRP s'est faite en 2002, lors du lancement du Projet du Millénaire, pour une évaluation précise des besoins et des coûts nécessaires à leur réalisation.

Le Gabon a, lors de l'élaboration de son DSRP, intégré les OMD et un CDMT est en cours d'élaboration.