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Le PNUD au Niger

TABLE RONDE SUR LE SECTEUR PRIVÉ

Promotion du Secteur Privé au Niger

Introduction

Pays enclavé d’une superficie de 1 267 000 km², situé à 1000 km au moins du port maritime le plus proche, le Niger est l’un des pays les plus pauvres du monde. En 1997, la valeur de son IDH était de 0,298 contre 0,463 pour la moyenne de l’Afrique subsaharienne ; 63% de la population, estimée à 9 713 000 habitants, vivent en dessous du seuil de la pauvreté et 34% sont extrêmement pauvres. La situation s’est dégradée avec une chute du PIB par habitant réel qui est passé de $US 391 en 1975 à $US 269 en 1997.

Dans la recherche d’une amélioration des conditions de vie de la population, le Gouvernement a fait de la réduction de la pauvreté un objectif prioritaire de ses actions pour la période 2000-2004.

Compte tenu des faillites des entreprises publiques, dans les pays africains et en cette ère de libéralisation, l’unanimité se fait de plus en plus sur le rôle clef que doit jouer le secteur privé comme source de création de richesses et d’emplois en vue de la réduction de la pauvreté. C’est pour cette raison que le gouvernement est résolu à faire du secteur privé, le moteur du développement. Cependant, compte tenu du faible niveau de l’épargne interne et de maîtrise technologique, l’apport des capitaux étrangers sera déterminant dans la réussite de cette stratégie.

Pour pouvoir créer un environnement propice à l’émergence d’un secteur privé dynamique et pour mobiliser les opérateurs économiques résidents et les investisseurs étrangers dans cet exercice, il est nécessaire d’identifier les facteurs internes susceptibles de favoriser les affaires. Parmi ces facteurs on peut citer, notamment :

l’environnement politique et économique national ;

la liberté des transferts de capitaux ;

la simplification des procédures d’investissements et un cadre administratif réglementaire, fiscal et juridique efficaces et incitatifs ;

des infrastructures économiques adéquates ;

des ressources humaines compétentes.

CONTEXTE NATIONAL

Le contexte politique

Les années 90 ont été marquées au Niger par une instabilité politique et institutionnelle.

Les politiques de développement mises en œuvre l’ont été dans un cadre politique et institutionnel caractérisé par des tensions récurrentes, une faiblesse et un manque de motivation des agents de l’administration publique et une faible participation de la société civile.

Aujourd’hui, le renforcement de l’Etat de droit, de la bonne gouvernance et de la démocratie ainsi que la dépolitisation de l’administration ont l’adhésion de la classe politique entière. La sérénité dans laquelle se sont déroulés le référendum constitutionnel, les consultations électorales présidentielle et législative de 1999 est une preuve donnée par le peuple nigérien de sa maturité et de son désir d'une stabilité politique dans le pays, ce qui constitue un atout important pour le développement du secteur privé.

Le contexte économique : le cadre macro-économique

La grande majorité de la population (85%) vit de l'agriculture de subsistance qui contribue pour environ 40% au PIB. La productivité agricole est très faible en raison de sa trop grande dépendance aux aléas climatiques et le recours à des techniques archaïques de production. Les productions essentiellement vivrières sont relativement concentrées sur les céréales; la production de mil et sorgho occupe plus des ¾ des surfaces cultivées, le mil représentant à lui seul plus de 75% des productions céréalières. L’élevage, qui est le 2ème grand pôle du secteur agro-pastoral (il contribue pour 33% de la valeur ajoutée du secteur) et le 2ème produit d’exportation après l’uranium, est resté encore traditionnel et est faiblement valorisé.

L'économie, notamment le secteur moderne marchand, a toujours dépendu d'une matière première d'exportation. Pendant la première décennie de son existence en tant que pays indépendant, le Niger a exporté de l'arachide. La deuxième décennie fut caractérisée par le boom de l'uranium dont la contribution représentait dans les années fastes 80% des recettes d’exportations.

Le secteur industriel se réduit, quant à lui, à quelques entreprises. Tout le reste de l’activité économique du pays se concentre sur le commerce et les services exercés en grande partie de façon informelle.

Le Niger a connu des difficultés économiques majeures au début des années 80. En effet, le retournement du marché de l'uranium, la succession de déficits agricoles générés par une longue période de sécheresse et un endettement excessif ont entraîné une crise économique et financière à partir de 1982.

Cette crise va se traduire au niveau des finances publiques par la baisse des ressources, les difficultés de trésorerie permanentes et le poids écrasant du service de la dette. Les recettes fiscales vont connaître une dégradation lente mais continue tout au long de la période. Cependant à partir de 1994, à la suite de la dévaluation de 50% du FCFA, les recettes ont remonté à 61,8 milliards de F CFA en 1997, niveau encore inférieur à celui de 1987 qui était de 63,2 milliards.

La pression fiscale s'est stabilisée au cours de ces dernières années à un niveau particulièrement bas de 6 à 7%, alors qu'elle était de 13% en 1987 traduisant un relâchement dans l'effort fiscal. Les pauvres performances du Niger en matière de mobilisation de ressources ne s'expliquent pas seulement par la faiblesse de l'activité économique mais aussi et surtout par les insuffisances de la politique fiscale (évasion fiscale, non maîtrise de l'assiette, faible organisation de l'administration fiscale etc.).

L'enlisement de la situation financière du pays à partir de 1995 a conduit les différents gouvernements à adopter un certain nombre de mesures au plan interne, en particulier l'élaboration d'un programme de redressement économique d'urgence. Les résultats encourageants obtenus dans la mise en œuvre de ce programme, ont permis la signature d'un accord triennal au titre de la facilité d'ajustement structurel renforcé avec le F.M.I. en 1996. Des taux de croissance du PIB de 3,4%, 4,6% et 3,5% ont été réalisés en 1997, 1998 et 1999 respectivement et des projections de 5,5% ont été retenues pour la période 2000 à 2004.

Malheureusement, par suite notamment du blocage de la coopération avec les partenaires au développement, conséquence de la crise politique de 1999, le pays a éprouvé des difficultés à assainir les finances publiques. Les arriérés ont fait une progression de 45,1 milliards de FCFA en 1999 dont 55,6% au titre d’arriérés sur le service de la dette extérieure. En faisant abstraction des arriérés sur les salaires, les créances du secteur privé nigérien étaient estimées à 31milliards de FCFA au 31 décembre 1998.

Pour rétablir les grands équilibres macro-économiques, le Gouvernement, en concertation avec les institutions de Bretton Woods, a pris des mesures pour :

le renforcement de ses capacités institutionnelles et humaines en matière de formulation, d’exécution et de suivi de politiques monétaire et fiscale en vue de l’assainissement des finances publiques ;

- la maîtrise de l’inflation ;

- la réduction du recours au financement bancaire des déficits publics ;

- la rationalisation des dépenses publiques ;

- la meilleure programmation et l’accroissement des investissements publics orientés vers la réduction de la pauvreté et l’amélioration des indicateurs sociaux.

La mise en œuvre des politiques contenues dans son programme 2000-2004 contribuera à porter le taux de croissance du PIB réel à 5,5% à moyen terme, ce qui permettrait d'augmenter légèrement le revenu réel par habitant, de maintenir le taux d'inflation à 3% en l'an 2000 et de ramener le déficit du compte courant de la balance des paiements à un niveau inférieur ou égal à 5% en l'an 2000.

Il y a lieu également de mentionner que des efforts ont été accomplis pour améliorer la crédibilité de la politique économique et la stabilité du cadre macro-économique.

Dans le domaine monétaire, l’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA) devenue l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) a toujours veillé à maîtriser l’inflation dans les pays membres. Ainsi, le taux d’inflation était en moyenne de 5,1% par an au Niger entre 1990 et 1997 contre 26,1 en Afrique.

L’appartenance du pays à des Organisations Intergouvernementales, notamment l’UEMOA, permet une amélioration du degré de crédibilité des politiques économiques. En fait, le pays a adhéré aux critères de convergence, décidés par l’UEMOA, dans le but de la réalisation effective de l’intégration économique entre les pays membres.

Le Contexte Social

Le taux de croissance démographique de 3,3% est parmi les plus élevé du monde ; le taux synthétique de fécondité est de 7,5 enfants par femme alors que plus de la moitié de la population a moins de 15ans. La démographie constitue ainsi un facteur de stimulation mais elle pèse également de tout son poids sur la croissance économique et le progrès social. Elle peut constituer aussi un atout majeur pour le développement lorsqu’un effort de valorisation des ressources humaines est fait.

Malheureusement, les indicateurs d'éducation du pays sont parmi les plus faibles du monde : le taux d’alphabétisation des adultes est de 17% en 1997 ; le taux brut de scolarisation au primaire est de 32,33% en 1998/1999; le taux brut de scolarisation des jeunes est de 25,40% en 1998-1999.

Le Niger souffre également des indicateurs de santé et de nutrition parmi les plus bas du monde. L'espérance de vie à la naissance est passée de 41 ans en 1980 à 48,9 ans en 1998, suggérant ainsi que des progrès, certes modestes, ont été réalisés au Niger dans l'accroissement de la longévité humaine. Le taux brut de mortalité est passé de 28,5%0 en 1980 pour se stabiliser à 20%0 depuis 1990. Le taux de mortalité infantile est de 132%0 en 1997 ; le taux de la couverture sanitaire est estimé à 42% selon l'enquête démographie-santé réalisée en 1998 (EDSN 1998).

Les indicateurs de base du secteur «eau potable» montrent enfin que, malgré les efforts déployés depuis les années 1980, avec notamment la réalisation de près de 17.000 points d’eau modernes; le taux de couverture théorique des besoins en eau potable est de 54% pour les populations rurales et de 60% pour les populations urbaines.

Cependant il est important de noter que le faible niveau de développement des ressources humaines au Niger ne constitue pas en soit un handicap insurmontable pour la promotion du secteur privé dans le pays. En effet, les dispositions relatives à la libre circulation des personnes et de leurs biens dans l’espace de la Communauté Economiques des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et particulièrement de l’UEMOA, permettent aux entreprises d’avoir recours aux compétences des autres pays membres de ces deux organisations d'intégration régionale et sous-régionale cela s’avère nécessaire.

Infrastructures économiques

Les coûts des transports et des communications constituent une des composantes importantes dans la structure des prix des produits. L’accroissement des moyens financiers de l’Etat et l’amélioration de sa capacité d’endettement au cours des années 70, ont permis une accélération des investissements publics permettant ainsi de doter le pays d’infrastructures économiques importantes (télécommunication, routes, etc.). Malheureusement, faute d’entretien et de rénovation ; ces infrastructures sont aujourd’hui dégradées et les coûts des communications, de l’eau et de l’électricité demeurent les plus élevés de la région.

LE SECTEUR PRIVE: Présentation et environnement

Présentation du secteur privé : composition et caractéristiques

Malgré les multiples réformes et actions entreprises en vue de favoriser son développement, le secteur privé reste encore peu développé. Les deux caractéristiques importantes du secteur sont, d'une part, la prédominance du secteur informel et, d'autre part, la concentration de ses activités dans les secteurs du commerce et des services au détriment des activités industrielles plus structurantes.

Le secteur privé moderne

Malgré le désengagement progressif de l'Etat des activités productives et commerciales, le secteur public occupe toujours une place importante dans les activités économiques du secteur moderne et ce à cause de l'absence d'un secteur privé dynamique notamment dans la branche gaz électricité eau et sa très faible contribution dans les industries extractives. Entre 1995-1997, la valeur ajoutée du secteur public a représenté 67% de la valeur ajoutée totale du secteur moderne.

En 1997 il a été dénombré 471 entreprises dans le secteur privé moderne contre 418 en 1995. Les entreprises individuelles représentent 60% du total en 1997 contre 15% pour les SARL. Le secteur privé moderne est dominé par les activités de commerce et des services. Ce secteur a distribué une masse salariale de 15,3 milliards en 1997 dont 29% par la branche «Banques assurances et services» aux entreprises ; or, le chiffre d'affaires de cette branche ne représentait que 7,05% de celui de l'ensemble du secteur privé moderne.

Le secteur privé moderne pâtit bien souvent de la concurrence « déloyale » de la part du secteur informel qui supporte des charges bien plus faibles, paie rarement les impôts et importe frauduleusement des biens sans s’acquitter pleinement de tous les droits.

Le secteur privé moderne est dominé par la filière uranium qui produisait en 1981 près des trois quart de la valeur ajoutée du secteur moderne.

Mais, avec la crise économique et financière, sa valeur ajoutée a baissé de moitié en valeur courante entre 1981 et 1988. En 1988, année de la première Table Ronde, le secteur privé moderne ne représenterait plus que 45% du secteur moderne hors uranium et 34% en 1997. La masse salariale qu'il a distribuée diminuait d'environ un tiers entre 1986 et 1992.

Le secteur privé informel

Ce secteur comprend des entreprises aussi bien dans les centres urbains qu'en milieu rural. En 1995 selon les données de la Direction de la Statistique et des Comptes Nationaux (DSCN), il a été dénombré 667 935 établissements informels, répartis en 277 442 dans la production, 235 149 dans le commerce et 155 344 dans les services. Plus de 57% de ces unités de production sont localisées à domicile, 15,9% au marché et 13,61% sans emplacement fixe ou ambulants. Elles appartiennent à 57,81% aux hommes et à 42,19% aux femmes.

Le secteur privé informel a contribué pour 75,5% du PIB en 1997. Hors agriculture et élevage, il a représenté 50,7% du PIB en 1997. Il couvre les activités de production, de services et de distribution. Le PIB informel de 1997 hors secteur primaire est constitué de :

- 31% par l’activité de production,

- 45% par l’activité commerciale,

- et 24% par l’activité de service.

Environ 15% de ces établissements sont en milieu urbain et 85,34% en milieu rural. Cette localisation géographique des établissements explique le fait que ce sont les départements de l'intérieur et à caractère agricole qui en renferment le plus grand nombre : 29,73% à Zinder et 23,74% à Maradi contre 4,38% dans la Communauté Urbaine de Niamey.

Le secteur informel employait en 1995, 247 293 employés. Les établissements sont caractérisés par un effectif faible des employés. 95,33% des établissements employeurs, ont de 1 à 3 employés, 4% emploient 4 à 6 travailleurs. 58,52% des employés sont des aides familiaux alors que 20,17% sont des apprentis employés dans le secteur.

Compte tenu du faible taux de scolarisation du pays, plus de la moitié des établissements du secteur informel sont dirigés en majorité par des personnes sans instruction (68,23%). Moins de 4% des établissements sont détenus par des individus ayant reçu une formation liée à leurs activités.

Le secteur informel a investi 11,5 milliards de FCFA contre seulement 4,6 milliards pour le secteur privé moderne. L'investissement du secteur informel correspond essentiellement au fonds de démarrage.

Tout en ayant des relations de concurrence avec le secteur privé moderne, le secteur informel a des effets négatifs sur les finances publiques.

En effet, le secteur privé moderne pâtit bien souvent de la concurrence « déloyale » de la part du secteur informel dont les entreprises supportent des charges bien plus faibles du fait qu’elles paient rarement les impôts et importent frauduleusement des biens sans s’acquitter pleinement de tous les droits.

Cependant, le secteur informel pallie parfois les défaillances du secteur privé moderne en assurant la satisfaction des besoins de la population et la création des emplois pour les nigériens qui n’arrivent pas à se placer dans le secteur moderne ou dans la fonction publique.

Environnement juridique, judiciaire et fiscal de l'entreprise

Les difficultés de développement du secteur privé s’expliquent en partie par un environnement juridique, fiscal et judiciaire caractérisé par des contraintes des plus diverses.

Le cadre légal et réglementaire

Il présente les insuffisances suivantes :

a) une accessibilité difficile en raison de mauvaises codifications et de la dispersion des textes qui régissent une même matière ainsi que de leur non-publication ou de leur publication tardive au Journal Officiel.

b) l'absence d'une politique législative globale que révèle :

l'insuffisance de textes d'application tant au niveau législatif que réglementaire pour permettre l'exercice du droit fondamental que constitue la liberté du commerce et de l'industrie;

l’incompatibilité entre les prescriptions légales et réglementaires d’une part, et les politiques et stratégies gouvernementales telles qu’elles sont formulées dans les programmes et les déclarations de politique. Les textes réglementaires en vigueur privilégient le contrôle a priori au détriment de l’option libérale du Gouvernement. Les pratiques dirigistes (autorisations préalables) sont nombreuses.

l’insuffisance du cadre légal et réglementaire dans certains domaines (concurrence, normalisation, formation professionnelle par exemple) et certaines professions (activités sportives privées par exemple),

c) le chevauchement et l’incompatibilité entre les textes d’origine externe (OHADA, OMC, CEDEAO, UEMOA, OIT, etc.) et les textes d'origine interne;

d) l’insuffisance de vulgarisation des textes.

e) l’inadaptation des lois et règlements aux exigences de l’évolution du monde des affaires (célérité, efficacité des procédures, par exemple) ;

f) un code de passation des marchés publics caractérisé par une absence d'un code d'éthique, un recours trop fréquent à la consultation restreinte, un manque de clarté dans les procédures d'évaluation des offres, la présence de pressions politiques. Le non-respect des règles permet l’attribution de marché à des entreprises du secteur informel ;

g) les tracasseries administratives et policières ;

h) la production de pièces ou d’informations non pertinentes réclamées aux promoteurs ;

i) le caractère dissuasif de certaines formalités légales ou réglementaires qui pousse à la clandestinité (produits de l’élevage par exemple), ou à l’informalisation.

Le cadre incitatif

A ce niveau, les contraintes sont de plusieurs ordres :

pour un même investissement, le promoteur est contraint de subir plusieurs procédures, chacune comportant son propre dossier; les procédures sont marquées par le nombre élevé des structures intervenant dans le processus, la complexité des formalités ainsi que le caractère aléatoire de la durée du traitement des dossiers;

certaines autorisations d’exercice sont délivrées pour une durée limitée, souvent égale ou inférieure à cinq ans. Cette procédure est de nature à limiter les investisseurs car cette durée ne garantit pas généralement la rentabilité de l’investissement.

absence de limitation des délais de réponse et d’instruction des dossiers dans certains cas, ce qui étend le champ du pouvoir discrétionnaire des administrations.

dysfonctionnement des commissions et comités techniques chargés de donner des avis ou d’effectuer des vérifications à l’occasion de l’instruction des demandes d’autorisation ou d’agrément.

Le cadre judiciaire

Le système judiciaire nigérien se caractérise par :

l'insuffisance de ressources humaines en quantité et en qualité, ainsi que de moyens matériels de fonctionnement ;

les règles de procédure, complexes et peu appropriées; la procédure mise en œuvre en matière civile et commerciale est très incertaine. Elle résulte non seulement de textes épars du droit colonial, mais aussi incomplets à tel point qu’il faut faire appel à d’autres textes non en vigueur mais qu’on recommande d’appliquer « à titre de raison écrite » ;

l'absence de spécialisation des magistrats ; ces derniers siègent indifféremment dans toutes les formations ;

l’existence dans l’organisation judiciaire d’une juridiction de droit commun, le tribunal régional, qui est compétent en toutes matières sauf celles expressément dévolues à d’autres juridictions. Ce tribunal, qui siège de surcroît à juge unique (sauf en matière de travail), est aujourd’hui compétent en matière pénale, civile, sociale, commerciale et administrative tout en étant juge d’appel en matière coutumière ;

l’absence de tribunaux de commerce indépendants des Tribunaux de droit commun ;

le fait, que la cassation en matière de droit des affaires est assurée par la Cour de Justice et d’Arbitrage de l’OHADA dont le siège est à Abidjan (RCI). Cela pose un problème d’accès à la Justice pour les PME et MPE.

Le cadre fiscal

Le cadre fiscal se caractérise par les contraintes suivantes :

la réglementation relative à cette fiscalité est contraignante et en général inadaptée ;

le système de taxation ne tient pas compte du processus de l’économie d’entreprise; il est constitué d’impôts qui s’appliquent en cascade alourdissant ainsi les charges des entreprises ;

certaines impositions sont excessives et constituent un frein évident à la promotion du secteur privé tant par la nature des impôts établis (patente, IMF) que par leurs taux qui sont très élevés: BIC 42,5% au Niger contre 35% au Mali; taxe foncière sur les immeubles loués 20% au Niger contre 12% au Mali; T.V.A 19% au Niger contre 18% au Mali. Cette situation fait que certains secteurs comme le Tourisme, malgré l’importance de leur potentiel, restent peu compétitifs ;

la réglementation est peu accessible et souffre d’une insuffisance de codification du fait de l'absence d'un code général des impôts. Or, dans un système qui échappe à la compréhension de la plupart des entrepreneurs, les mesures les plus incitatives ne peuvent atteindre leurs objectifs ;

l’application de la réglementation fiscale se fait dans un climat de suspicion avec un esprit répressif.

Mesures prises par le Gouvernement pour l'amélioration de l'environnement de l'entreprise

Depuis les années 80 le gouvernement s’est engagé dans un processus d’amélioration de l’environnement de l’entreprise. Plusieurs domaines ont fait l’objet de mesures d’ordre législatif et réglementaire pour créer les meilleures conditions de promotion et de compétitivité pour le secteur privé nigérien.

Dans le domaine de la libéralisation des activités économiques

Les reformes introduites ont permis de corriger de nombreuses rigidités relatives au marché.

C’est ainsi que la commercialisation et les prix des produits agricoles ont été totalement libéralisés entre 1983 et 1985.

La libéralisation du commerce extérieur a également été consacrée par la suppression des titres et des obstacles tarifaires, et cela depuis 1990.

La libéralisation du commerce étant incompatible avec le maintien de monopoles, l’Etat a eu à supprimer tous les monopoles à l’exception de celui des hydrocarbures. Dans le domaine du transport, il a été mis fin au monopole de la SNTN sur le fret minier. La suppression des monopoles va être accompagnée par l’adoption d’une réglementation conséquente en matière de concurrence et de prix. C’est ainsi que l’ordonnance 92-025 du 7 juillet 1992 consacre le principe de la liberté des prix de vente des marchandises et produits qu’ils soient importés ou de fabrication locale.

C’est également pour mieux marquer son attachement au libéralisme économique que le gouvernement a modifié le code pétrolier.

Au plan social il a été procédé en 1996 à la révision du code de travail afin d’assouplir les conditions d’embauche et de licenciement des travailleurs par les entreprises.

C’est dans la même optique que le gouvernement a pris en 1987 un décret afin de prolonger les durées des autorisations délivrées aux étrangers pour l’exercice d’activités professionnelles non salariées (5 et 10 ans).

En matière d’incitation à l’investissement

Afin de promouvoir davantage les investissements, le gouvernement a eu à accroître les avantages juridiques et fiscaux contenus dans le code des investissements qui comporte désormais plusieurs régimes privilégiés.

Sont éligibles aux régimes privilégiés les activités relevant de l’agriculture industrielle et les activités connexes, de l’industrie manufacturière et extractive, de l’habitat, de la maintenance des équipements industriels, du transport aérien et de la construction et équipement des hôtels.

Concernant les investissements dans le secteur minier, il a été procédé à une révision de la loi minière en 1993. Cette révision confirme la stabilité du régime fiscal des entreprises du secteur, tout en renforçant les garanties quant à l’exportation et aux mouvements des capitaux. A l’exportation, l’uranium n’est soumis qu’à la taxe spéciale de réexportation, aux droits de sortie de l’uranium et à la redevance statistique. S’agissant des activités de recherche et d’exploitation de gisement d’hydrocarbures, les sociétés sont soumises à des dispositions particulières au plan de la fiscalité intérieure et bénéficient de l’exonération de tous droits et taxes à l’importation pour le matériel d’équipement, les pièces détachées et les produits industriels affectés et utilisés à la recherche et à l’exploitation..

La dernière révision du code des investissements intervenue à travers l’ordonnance N°97-009 du 27 février 1997 accorde des avantages particuliers à certaines activités (production culturelle et artistique, artisanat de production, construction d’écoles et établissements de soins, innovation technologique, transport public).

En outre afin de favoriser l’investissement dans le secteur rural, il a été adopté une ordonnance fixant les principes d’orientation du code rural qui consacrent la rationalisation de la gestion des ressources naturelles et la réglementation de la propriété foncière rurale.

Les mesures prises pour le développement des micro et petites entreprises (MPE)

Le gouvernement a marqué sa volonté de développer les MPE à travers, notamment l’adoption d’une loi d’orientation de la politique nationale du secteur artisanal.

En effet l’ordonnance 92-026 du 7 juillet 1992 portant orientation de la politique nationale sur le secteur artisanal vise à modifier progressivement l’environnement existant et le rendre moins hostile, plus adapté et incitatif au développement de la micro et petite entreprise artisanale. Cette orientation comporte plusieurs axes dont, notamment :

- une fiscalité adaptée aux MPE ;

- des dispositions relatives à la formation, à l’éducation et à la technologie ;

- des orientations relatives au financement, à l’approvisionnement et à la fonction commerciale des MPE.

Dans le domaine de l’harmonisation régionale de la réglementation

Le gouvernement a pris tous les actes à lui imposés par d’une part l’organisation pour l’harmonisation du droit des affaires en Afrique (OHADA) et d’autre part les accords de l’UEMOA et de la CEDEAO.

S’agissant de l’harmonisation du droit des affaires, il a été procédé à la ratification en 1995 du Traité relatif à l’harmonisation du droit des affaires en Afrique du 17 octobre 1993.

Cela a permis l’entrée en vigueur au Niger de cinq actes uniformes de l’HOHADA qui constituent des outils essentiels de renforcement de moyens d’action du secteur privé. Il s’agit en effet de :

- l’acte uniforme sur le droit commercial ;

- l’acte uniforme sur le droit des sociétés et du groupement d’intérêt économique ;

- l’acte uniforme sur le droit des sûretés ;

- l’acte uniforme sur les procédures simplifiées de recouvrement et les voies d’exécution et ;

- l’acte uniforme sur les procédures collectives d’apurement du passif.

Afin de parvenir à une compatibilité entre les textes d’origine externe et les textes d’origine interne, il a été créé une commission ad hoc chargée de l’harmonisation du droit des affaires auprès du Ministère de la Justice.

Concernant l’harmonisation de la réglementation dans le cadre de l’UEMOA et de la CEDEAO de nombreuses mesures ont été prises afin de permettre aux entreprises installées au Niger de bénéficier des avantages de l’intégration régionale.

C’est ainsi que depuis le 1er janvier 2000, il est mis en œuvre le Tarif Extérieur Commun de l’UEMOA.

Dans le cadre de la CEDEAO, nombreuses dispositions du programme de libéralisation des échanges sont mises en œuvre. Il s’agit instamment de l’élimination des barrières tarifaires pour les produits du cru et de la mise en œuvre des documents douaniers harmonisés suivants : certificat d’origine, la nomenclature douanière, la déclaration en douane, le protocole TRIE, la désignation des cautions nationales de garanties des opérations de transit.

Ces actions sont un indicateur certain de la volonté du Gouvernement de créer un cadre propice pour la promotion du secteur privé. Compte tenu des résultats encore mitigés obtenus dans l’amélioration de l’environnement dans lequel fonctionne le secteur privé, le Gouvernement entend poursuivre les actions ainsi menées.

Le cadre institutionnel

Il existe de nombreuses structures d’encadrement du secteur privé.

Administration centrale

L’encadrement administratif du secteur privé se distingue par une multiplicité de structures.

On dénombre ainsi jusqu’à huit ministères impliqués dans l’activité du secteur privé :

le Ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI) ;

le Ministère du Tourisme et de l’artisanat ;

le Ministère des Mines et de l’Energie ;

le Ministère du Développement rural ;

le Ministère des ressources animales ;

le Ministère des Finances ;

le Ministère de la Privatisation et de la Restructuration des Entreprises ; et

le Ministère des PME.

L'encadrement administratif du secteur privé souffre de quelques lacunes dont :

le manque de moyens financiers, humains et matériels ;

la propension à recomposer perpétuellement les départements ministériels entraînant de nombreux transferts d’archives et des pertes subséquentes de mémoire et des risques de chevauchement et des conflits de compétence qui perturbent considérablement le fonctionnement des administrations publiques;

la trop faible propension à déléguer les pouvoirs aux différents échelons;

le manque de pouvoir réel des structures déconcentrées;

le faible niveau de collaboration entre les différents services de l'administration chargés d'appuyer le secteur privé; ce qui entraîne la plupart des cas de conflits de compétences.

Les préjugés défavorables entretenus par les bureaucrates envers les opérateurs économiques.

Dispositif de promotion et d’appui aux entreprises

Le secteur privé bénéficie également de l'appui d'un dispositif regroupé en une vingtaine de structures. Ces structures ont été créées pour apporter une assistance au secteur dans le domaine de la formation, de la gestion et du financement. Elles devraient également jouer un rôle important dans le cadre de la redéfinition des politiques économiques car elles sont sensées défendre le point de vue de leurs adhérents.

Les institutions de promotion et d'appui aux entreprises

(i) La Chambre de Commerce, d’Agriculture, d’Industrie et d’Artisanat du Niger (CCAIAN)

Institution centrale du dispositif d’encadrement du secteur privé, la CCAIAN a été créée par la loi n°95-018 du 8 décembre 1995 pour assurer la représentation des intérêts de ses membres au plan commercial, agricole, industriel et artisanal.

Depuis la loi n° 95-018 du 8 décembre 1995, et le décret n° 96-293/PRN/MCI du 5 septembre 1996, modifié, la Chambre de Commerce, d’Agriculture et d’Industrie du Niger est un établissement public professionnel obéissant à un régime particulier établi pour lui garantir une plus grande autonomie dans l'élection de ses organes exécutifs. Mais le régime de tutelle appliqué à certains actes reste très contraignant car il nécessite une autorisation par arrêté du ministre.

Le gouvernement a adopte et transmis a l'Assemblée Nationale un projet de loi portant création de chambres régionales d'agriculture (CRA). Les CRA rentrent dans la catégorie d'établissement public à caractère professionnel instituée par la loi 95-017 du 08 décembre 1995. elles sont créées dans chaque région administrative pour représenter les intérêts de l'ensemble de la profession agricole de leur ressort territorial.

Au niveau national, les chambres régionales d'agriculture créent une structure dénommée «Réseau National des Chambres d'Agriculture» qui a pour mission de:

coordonner au niveau national l'activité des chambres régionales;

représenter les CRA auprès des pouvoirs publics ou auprès de toutes institutions publiques ou privées nationales ou internationales.

(ii) Le Centre Nigérien du Commerce Extérieur (CNCE)

Le Centre Nigérien du Commerce Extérieur (CNCE) est un établissement spécialisé de la CCAIAN, qui a pour mission de promouvoir et développer les échanges commerciaux entre le Niger et les autres pays.

(iii) Le Centre Nigérien de Perfectionnement de Gestion (CNPG)

Le Centre Nigérien de Perfectionnement de Gestion (CNPG) est un établissement spécialisé de la CCAIAN chargé de la formation et du perfectionnement à la gestion au sein des entreprises.

(iv) Le Centre Nigérien de Promotion Touristique et Hôtelière (CNPTH)

Le CNPTH a pour mission la promotion du Tourisme dans le pays.

(v) Les structures de formation professionnelle

D'autres centres de formation professionnelle et technique existent au Niger : parmi lesquels :

l'Université;

l'Ecole Nationale d'Administration;

le Lycée Technique de Maradi;

le Centre de Formation et de Perfectionnement Professionnel (CFPP);

les établissements de formation professionnelle et technique privés;

etc.

(v) Le réseau de cabinets-conseils privés

Environ 35 cabinets privés apportent actuellement des appuis aux entreprises du secteur moderne.

(vi) Les syndicats et associations à caractère professionnel

Il existe un grand nombre d'associations et de syndicats professionnels, notamment :

le Syndicat Patronal des Entreprises et Industries du Niger (SPEIN) ;

la Fédération Nationale des Artisans du Niger ;

Le Syndicat des Commerçants Importateurs et Exportateurs du Niger (SCIMPEXNI) ;

Le Syndicat National des Petites Moyennes Entreprises et Industries du Niger (SYNAPMEIN) ;

Le Syndicat National des Commerçants du Niger (SNCN) ;

l’Association Professionnelle des Banques et Etablissements financiers du Niger (APBEF) ;

l’Association Nigérienne des Professionnels du Tourisme et de l’Hôtellerie ;

Le Comité des Assureurs ;

Le Syndicat des Transporteurs des Marchandises ;

l’Association des Femmes Commerçantes et Entrepreneurs du Niger (AFCEN) ;

le réseau des femmes chefs d'entreprise (REFCEN) ;

Le Réseau de l’Entreprise en Afrique de l’Ouest (REAO) ;

La Jeune Chambre Economique du Niger (JCEN) ;

Ces structures ont des difficultés à réaliser leurs missions pour les raisons suivantes.

D'abord le secteur privé formel est encore faible tant du point de vue de sa représentativité que de sa capacité d'organisation pour pouvoir faire du lobbying pour l'adoption des mesures en sa faveur voire même demander la mise en œuvre effective de mesures déjà prises.

La CCAIAN est confrontée à des contraintes d’ordre financier qui sont de nature à réduire son autonomie.

La formation demeure en inadéquation avec le marché du travail. Plusieurs causes expliquent cette inadéquation :

l’absence d’autonomie des structures de formation en raison de l’inadéquation du cadre institutionnel;

l’ouverture insuffisante des écoles sur leur environnement;

l’insuffisance cruciale de formateurs compétents;

la très grande insuffisance des ressources financières;

l’absence d’un cadre de concertation avec les partenaires de la formation professionnelle et la multiplicité des tutelles qui pose des problèmes de coordination des actions de formation;

l’insuffisance de l’encadrement sur les plans de l’information, de la sensibilisation et de la formation qui contraste avec un foisonnement de structures dont les prestations sont en inadéquation par rapport aux préoccupations des organisations socioprofessionnelles;

Les projets d'appui au secteur privé

A travers des projets, les partenaires au développement interviennent également dans l'encadrement du secteur privé soit sous forme d'appui en assistance technique, de formation ou de financement.

Parmi les projets en cours on peut citer :

(i) Agence de Financement et d'Encouragement de la Libre Entreprise au Niger (AFELEN)

Fruit de la coopération entre le Niger et l’Union Européenne, la mise en place de cette Agence en 1993 (une association de droit privé sous mandat avec l’Etat) a été précédée par une étude sur le dispositif d’appui au secteur privé; l’Agence constitue l’élément central de ce dispositif qui sera complété ensuite par une série de mesures d’amélioration de l’environnement de l’entreprise privée.

En cinq ans d’activité, l’AFELEN a accordé 6 milliards de crédit à 205 entreprises et projets pour une valeur de 10,6 milliards FCFA d’investissement. Ce qui a permis la consolidation des PME existantes et la création de nouvelles avec comme conséquences immédiates le maintien et la création de nombreux emplois.

La situation d'AFELEN s'est fortement dégradée ces dernières années sous l'effet conjugué de prêts de montants élevés sans analyse suffisante du dossier, de l'absence d'une politique de suivi et de pratiques erratiques de recouvrement. Les impayés accumulés (1,2 milliards de F CFA) et l'immobilisation des prêts garantis par l'Etat (1 milliard de F CFA) ont amené AFELEN à interrompre depuis septembre 1996 l'octroi de crédit.

(ii) La Cellule d’appui aux micro entreprises ("Entreprendre au Niger"):

Entreprendre au Niger (EAN), est une structure d’appui mise en place dans le cadre du Projet PNUD/BIT d’Appui au Programme Cadre National de Promotion du Secteur Privé pour appuyer la création et le développement des micro et petites entreprises.

Les activités de cette structure consistent à appuyer les promoteurs dans la réalisation des études de faisabilité, le montage des dossiers de création d’entreprise, la recherche de financements, le suivi des entreprises et la formation des promoteurs et de leurs personnels.

La structure " EAN " est financé pour 3 ans par le PNUD et a démarré ses activités en janvier 1997 par l’ouverture de l’antenne de Niamey.

Entreprendre au Niger (EAN) s’occupe principalement des projets d’entreprise dont le financement varie de 1 à 20 millions de FCFA. Au cours de la période octobre 1997 - mars 1999, EAN a, entre autres accueilli un total de 864 promoteurs dont 3,5% ont obtenu des financements (avec ou sans mécanisme d’accompagnement bancaire).

Le processus d’extension du réseau " EAN " s’est poursuivi par le rattachement des départements de Tillabéry et Dosso à l’antenne de Niamey et l’ouverture des antennes d'Agadez, de Tahoua, de Zinder et très prochainement de celle de Maradi.

Les principales contraintes rencontrées par EAN sont liées à la garantie des promoteurs, aux délais de mise en place des financements et à l’insuffisance, voire l’absence de suivi des entreprises financées.

Il est envisagé une étude en vue de la pérennisation de EAN de manière à lui assurer une autonomie financière.

(iii) Le projet pour la Promotion de l'Irrigation Privée

Financé par la Banque Mondiale (IDA) pour un montant de 6,8 millions de dollars US, ce projet vise la création des capacités techniques et institutionnelles nécessaires, pour ouvrir la voie à des investissements privés durables dans le sous-secteur de l'irrigation. Le projet est constitué de cinq (5) composantes suivantes:

l'appui institutionnel à l'association nigérienne pour la promotion de l'irrigation privée qui est l'agence d'exécution du projet ;

la petite irrigation mécanisée: elle vise l'expérimentation et la diffusion des technologies efficientes et peu coûteuses susceptibles d'améliorer la productivité des cultures irriguées ;

l'irrigation manuelle améliorée qui vise l'acquisition, l'expérimentation et la diffusion des technologies manuelles d'exhaure et de la mobilisation d'eau;

la protection de l'environnement ;

l'épargne et crédit.

A côté de ces projets de promotion il faut souligner la présence d'une multitude de projets spécifiques ou des composantes des projets s'intéressant au secteur privé, notamment:

le projet d'appui à l'entrepreunariat féminin financé par la coopération canadienne;

la mutuelle d'épargne et de crédit appuyé par le projet d'appui à l'entrepreunariat féminin;

le projet basse vallée de la Tarka qui encourage la promotion des opérateurs privés intervenant dans la filière oignon. Ce projet est financé par la Commission des Communautés Européennes;

le projet d'appui aux organisations paysannes et coopératives. Ce projet est financé par la Coopération Française (500 millions de F CFA);

le projet d'appui à la restructuration des institutions rurales financé par la Coopération Française;

le projet d'appui à la privatisation de la profession vétérinaire financé dans le cadre du projet régional d'appui à la reconstitution du cheptel (300 millions de F CFA).

La présence des ONG dans ce domaine se fait généralement sentir au niveau des micro entreprises à qui elles apportent une assistance technique et/ou du financement.

En plus de ces projets il y a lieu de mentionner que des bailleurs de fonds multilatéraux comme bilatéraux appuient également le secteur privé, généralement à travers des assistances au gouvernement. Parmi ces interventions on peut mentionner :

les appuis des institutions de Bretton Woods pour les réformes économiques dont la libéralisation, la restructuration des offices de commercialisation, la privatisation des entreprises publiques, la restructuration financière et opérationnelle du secteur bancaire ;

l'assistance du système des Nations Unies, en particulier le PNUD, l'ONUDI, le BIT pour l'élaboration du Programme Cadre National de Promotion du Secteur Privé, etc.

Les interventions des bailleurs de fonds sont encore marquées par des actions disparates et sans coordination des différents intervenants et sans concertation entre d'une part ces institutions d'encadrement et d'autre part les opérateurs économiques du secteur privé.

L'amélioration de la concertation avec les bailleurs de fonds et de la coordination de l'aide permettront de rendre le concours ainsi apporté par des partenaires au développement au secteur privé plus efficace.

Le système de financement des entreprises

En dehors de l’apport en fonds propres qui demeure faible dans l’ensemble, le financement du secteur privé s’effectue à travers le système bancaire, les systèmes de financement décentralisés et l’intervention des bailleurs de fonds.

Le système bancaire

La crise économique des années 80 n’a pas épargné le système bancaire qui a vu la disparition de certaines institutions comme la Caisse Nationale de Crédit Agricole (CNCA), la Banque de Développement de la République du Niger (BDRN), la Banque pour le Crédit et le Commerce (BCC) et la Banque Islamique. Cette disparition a eu pour conséquence une baisse considérable des financements en faveur du secteur privé.

Le système bancaire actuel est constitué de sept banques (BIA-Niger, BOA-Niger, SONIBANK, BCN, BINCI, Crédit du Niger et ECOBANK) et d’un établissement financier (CPCT). Il connaît certaines difficultés, notamment la dépréciation de la qualité du portefeuille et la stagnation des activités. Ces difficultés ont amené les autorités à demander la restructuration de certains établissements et plus globalement la mise en place d’un programme d’ajustement du secteur financier (PAS-FIN).

Les produits bancaires offerts par le système bancaire sont classiques et peu diversifiés : dépôts à vue, à terme et comptes d’épargne sur livret.

En matière de financements spécifiques, en particulier les opérations de développement, de soutien à l’initiative entrepreneuriale et d’investissement agricole, le système comporte de graves lacunes.

Ainsi la situation de l’intermédiation financière est assez paradoxale. Les banques sont en situation de surliquidités et en même temps les taux d’intérêt pratiqués sont élevés. Les entreprises ont des besoins accrus de financement d’exploitation et de redressement qui ne peuvent pas être satisfaits parce que les conditions d’accès au crédit sont encore très difficiles. En fait, il y a un grand décalage entre la situation optimale désirée (offre et demande potentielles de crédit) et la situation réelle (offre et demande effectives de crédit).

En effet, pour un total de dépôts en banque à fin décembre 1996 de 64,55 milliards F. CFA, seulement 43,31 milliards ont été employés (soit 66,91% des ressources globales). Il y a donc 33% des ressources qui ne trouvent pas d’emploi. Les crédits à l’investissement (moyen et long termes) absorbent seulement 57,46% des ressources stables, alors même que la prépondérance des dépôts à terme (53%du total des dépôts) sur les dépôts à vue (47% du total des dépôts) traduit la confiance que le public nigérien fait au secteur privé.

Les banques expliquent cette situation paradoxale par l’absence d’opportunités (dossiers bancables), tandis que les opérateurs économiques l’expliquent par la réticence des banques à s’engager dans des opérations plus risquées mais porteuses de croissance économique.

Les ressources bancaires sont orientées prioritairement vers le commerce, la restauration et hôtellerie (50,38%), suivi par les services fournis à la collectivité et les services sociaux (29%). Les bâtiments et travaux publics (BTP) viennent en troisième position (12,50%). En dernier viennent les industries extractives (5,24%) et l’agriculutre-sylviculture et pêche (2,35%).

Les bailleurs de fonds, les banques et les fonds régionaux

A côté du système bancaire classique, il y a lieu de mentionner d'autres types de financement qui peuvent prendre la forme de prise de participation ou de fonds de garantie :

la PROPARCO, mise en place par l'AFD.

la SFI, une filiale de la Banque Mondiale spécialisée dans la promotion du secteur privé par la prise de participation / cofinancement. Le seuil de ses interventions est de $US 1 million ; une filiale de la SFI peut intervenir à partir de $US 250 000.

La Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) : les institutions spécialisées sont très actives dans les prêts directs à long et moyen terme pour la production ou la distribution de biens et services ou le transfert de la propriété des moyens de production ou de distribution à des ressortissants de l'UEMOA, les prises de participation et l’assistance technique pour la préparation, la promotion et la mise en œuvre des projets.

La BOAD, en collaboration avec d’autres partenaires au développement a créé le CAURIS INV et le Fonds de Garanti des Investissements Privé en Afrique de l’Ouest (GARI) pour compléter son dispositif d’intervention en faveur du secteur privé. CAURIS INV prend des participations minoritaires (35% maximum) à concurrence généralement de 10 à 250 millions de FCFA. GARI offre des garanties pour des emprunts par des banques primaires. La garantie est délivrée pour une durée maximale de 10 ans, la quotité maximale est fixée à 50% du prêt consenti par l'établissement de crédit.

La Banque Africaine de Développement (BAD) offre également une assistance au secteur privé en utilisant divers instruments, notamment : les prêts à terme, les prises de participation au capital social, les investissements sous forme de quasi capital, les garanties, les garanties d'émission ;

La Banque Islamique de Développement (BID) intervient dans le financement des projets et le développement du commerce international des pays membres de la Conférence Islamique (OCI);

le Fond de Solidarité Africaine (FSA) apporte son soutien au secteur privé;

le FAGACE garantit les investissements privés.

Le système de financement décentralisé

En plus du système bancaire « classique » et des bailleurs de fonds, il existe trois systèmes de financement décentralisé :

les institutions mutualistes ou coopératives d’épargne et de crédit (régies par l’ordonnance n° 96-024 du 30 mai 1996 et le décret n° 96-416 du 9 novembre 1996) dont la souplesse et l’adéquation aux réalités socio-économiques et culturelles expliquent l’essor et le succès. En effet, leur activité en pleine expansion gagne non seulement les campagnes les plus reculées, mais aussi touche toutes les couches sociales.

Il y a lieu de singulariser la Mutuelle de Crédit et d'Epargne pour les Femmes (MECREF) mis en place avec l'assistance de la coopération canadienne pour des actions en faveur des femmes entrepreneurs.

les expériences de crédit direct qui sont des institutions privilégiant le crédit comme élément central de leurs opérations sans le lier obligatoirement à la constitution préalable d’une épargne.

les projets à volet crédit : ce sont des projets de développement qui font des crédits à la population accessoirement à leurs activités principales.

L'expérience de la TAIMAKO, une institution mutualiste du type SFD mise en place par de jeunes promoteurs nigériens est à citer dans la mesure ou elle accorde plus facilement des fonds de garantie à des taux réduits aux entrepreneurs.

Mais il faut noter que ce système de financement décentralisé qui se caractérise par une multitude de petites opérations est loin de couvrir l'ensemble du territoire et le nombre de personnes touchées reste modeste. Le taux de pénétration globale est très faible (2% de la population active).

Enfin, ce système souffre d'un manque d’harmonisation car il est lié dans sa globalité à des projets ; ce qui ne permet pas d’en faire un dispositif durable pour la promotion des activités des micro et petites entreprises.

L'inadéquation du système de financement oblige les entreprises nigériennes à avoir recours le plus souvent à d'autres sources comme l'épargne personnelle limitée, le soutien de la famille ou d'amis, des emprunts auprès de collègues, etc. Ceci ne constitue en aucune façon une solution durable à leurs problèmes.

LE SECTEUR PRIVE: Contraintes spécifiques et perspectives

Malgré les multiples réformes et actions entreprises, le secteur privé nigérien reste encore peu développé. Le secteur privé moderne, qui représentait environ 28% du PIB, au début des années 1990, n’a cessé depuis lors de régresser pour ne représenter aujourd’hui que moins de 5% au PIB.

Contraintes spécifiques au développement du secteur privé

Le développement du secteur privé nigérien est handicapé, non seulement par l'étroitesse de son marché, par la faiblesse de la demande intérieure fortement déprimée ces dernières années et des coûts de production élevés dus aux coûts des matières premières importées, de certains facteurs tels que l'eau, l'électricité, mais aussi à cause notamment des contraintes ci après:

la faiblesse des fonds propres qui caractérise les PME et PMI nigériennes ;

la difficulté d’accès au financement bancaire dû à l'absence de garanties suffisantes et le niveau élevé des frais financiers ;

l’insuffisance du savoir-faire managérial et de professionnalisme ;

l'existence des conditions et facteurs multiples qui augmentent les risques que constitue l'investissement productif dont le bénéfice ne peut être tiré immédiatement contrairement aux activités commerciales ;

la faiblesse des infrastructures physiques, institutionnelles, financières, ou encore des infrastructures de développement des ressources humaines ;

la fiscalité contraignante ;

un environnement judiciaire et juridique inadapté.

Potentialités et atout

Des opportunités réelles existent pour le développement du secteur privé. L’appartenance du pays à l’UEMOA et à la CEDEAO garantit un marché plus vaste aux entreprises installées au Niger, une monnaie stable ainsi que des politiques économiques appropriées et cohérentes en raison des critères de convergence au sein de l’UEMOA. En outre, des opportunités existent dans les secteurs de l'agriculture et d'élevage, des mines, de l'industrie, de l'artisanat et du commerce. Ces opportunités consistent en une exploitation rationnelle des ressources naturelles renouvelables (produits sylvo-agro-pastoraux) ou non renouvelables (produits miniers), en leur transformation et en leur exportation. Cela peut être aussi dans le développement des activités où les nigériens possèdent un savoir faire reconnu (artisanat) et une expérience millénaire (commerce).

Elevage et Agriculture

L'importance et la qualité du troupeau nigérien, jointes au savoir-faire traditionnel des éleveurs, doivent être exploitées et servir de support au développement des échanges commerciaux et des industries de la viande et du cuir. A propos du cuir, il faut noter que les peaux produites au Niger sont recherchées pour leur bonne qualité (notamment la peau de la chèvre rousse de Maradi) et trouvent déjà des débouchés dans les pays du Nord. Concernant la viande, il existe des opportunités d'investissement afin d'accroître la proportion de viande par rapport au bétail sur pied en exportation. D'autre part, un marché existe en Afrique surtout pour la viande séchée et assaisonnée (le Kilichi) qui est très appréciée par les touristes et les hommes d'affaires.

Dans le domaine agricole, le Niger recèle d'importantes potentialités en terres cultivables pour accroître la production. En effet, il existe 270 000 hectares dont plus de 140 000 ha dans la vallée du fleuve Niger qui ne sont pas mis en valeur. Les vallées de l’Irhazer, de la Tarka, de la Maggia et les Koromas sont également des potentialités exploitables en cultures irriguées. Le pays pourra donc accroître notamment l’offre de produits très demandés sur les marchés extérieurs (haricots verts, oignon, poivron, sésame, gomme arabique, souchet, coton etc.).

Tourisme

Le Niger dispose d'énormes potentialités touristiques qui ne demandent qui sont faiblement exploitées :

le Ténéré, le plus beau désert du monde ;

le désert du Tall

le massif montagneux de l'Aïr avec ses gravures rupestres et ses sources thermales ;

le cimetière des dinosaures du département de Tahoua ;

les plateaux du Djado ;

le parc du W avec sa faune abondante et variée ;

le fleuve Niger avec ses crocodiles, ses hippopotames et ses célèbres "capitaines" espèce de carpe géante à la chair délicieuse et sans arrêtes;

le dernier troupeau de girafes de l'Afrique de l'Ouest vivant aux portes de la capitale ;

le musée national de Niamey reconnu comme l'un des plus beaux musée d'Afrique.

A cela s'ajoute une infrastructure honorable de 60 hôtels dont certains de classe internationale (Gaweye, Terminus..) d'une capacité de plus de 3000 lits, répartis dans tout le pays, principalement aux points de départ des circuits touristiques) et une soixantaine d’agences de voyages,.

Artisanat

Le Niger possède certes un artisanat riche et varié reconnu au-delà des frontières nationales, pratiqué par des artisans surdoués, qui, bien encadrés et organisés constitueront des ressources importantes pour la promotion des affaires dans ce secteur.

Cet artisanat est constitué d'un ensemble d'activités réparties en deux grands groupes:

l'artisanat de production constitué essentiellement par trois branches (produits artisanaux de mine et carrière - produits et biens manufacturiers - bâtiments et travaux publics) de services (forage, textile, vannerie, tannerie..) particulièrement adapté aux besoins des populations ;

l'artisanat d'art (bijouterie, maroquinerie, tissage, poterie) dont la clientèle constituée par une partie appréciable de touristes, augure de bonnes perspectives à l'exportation ;

l’artisanat utilitaire (menuiserie métallique, outils aratoires, ustensiles de cuisines, ec.).

Mines et Energie

En plus de l'uranium déjà exploité, le pays dispose d'un potentiel important :

de pétrole, dont d'importantes réserves sont mises en évidence dans le Nord et surtout dans l'Est du pays ;

d’or dont les activités de recherche sont très avancées avec, dans certains cas, un début d'exploitation ;

d’énergies renouvelables dont le soleil, la biomasse, les barrages hydroélectriques.

Industrie

Le tissu industriel nigérien est actuellement très peu développé. Or le potentiel de développement industriel est constitué par d'importantes ressources naturelles, minières, agricoles et surtout pastorales qui, pour être valorisées davantage pourraient subir divers traitements (conservation, transformation, conditionnement).

Commerce

Le Niger est un pays de tradition commerçante.

L'import-export et le commerce de gros, notamment, sont des activités florissantes dans lesquelles opèrent un grand nombre de commerçants informels connus pour leur dynamisme.

Ce secteur, auparavant marqué par les interventions de l'État a fait l'objet de libéralisation depuis les années 1980 offrant ainsi plusieurs opportunités. Celles-ci concernent essentiellement:

l'amélioration de la commercialisation des produits agricoles et pastoraux;

l'approvisionnement du pays en produits finis et semi-finis et en équipements, etc.

Transport

Compte tenu de l'étendue du pays et de sa position géographique, les transports jouent un rôle très important dans le développement économique et social du Niger. Ce secteur comporte d'importantes potentialités en matière d'investissement à savoir:

le renouvellement du parc automobile et la modernisation du secteur;

l'approvisionnement en pièces détachées des entreprises de transport;

l'amélioration de la chaîne logistique: installation de ponts bascules, création d'un terminal en port sec ;

la réalisation de liaisons ferrées: Burkina Faso-Niger (Kaya-Dori-Niamey), Bénin-Niger (Parakou-Niamey), Nigeria-Niger (Kano-Zinder; Kaura Namoda-Maradi et Sokoto-Konni);

l'organisation et le développement du transport fluvial.

Habitat

La croissance démographique et l’état actuel des logements favorisent une demande d’habitat qui peut être satisfaite en investissant dans des technologies appropriées (construction sans bois et construction en banco ou en terre stabilisée).

Secteurs sociaux

Le faible niveau des indicateurs sociaux renforcé par la croissance démographique rapide crée une demande potentielle dans les secteurs sociaux.

Les jeunes diplômés sans emplois

Les statistiques démographiques révèlent que la population nigérienne est dans sa grande majorité jeune. Mais la dégradation des activités économiques n’a pas favorisé la création d’emplois même pour cette jeunesse diplômée. Cependant, la formation initiale de base que ces jeunes ont acquise les prédispose à maîtriser plus facilement les problèmes de l’activité économique et à être plus ouverts au transfert technologique. Les jeunes diplômés sans emploi constituent ainsi un potentiel comme ressources humaines compétentes pour les investisseurs éventuels.

Conclusion

Il ressort de l’analyse précédente, que le secteur privé nigérien dispose de potentialités importantes. Si malgré ces atouts et les efforts faits par le Gouvernement depuis 1982, le secteur privé n’est pas devenu le moteur du développement économique et social, c’est parce que ce secteur évolue encore dans un environnement inadéquat.

En tenant compte de l’expérience de promotion du secteur privé, les leçons suivantes peuvent être retenues pour les actions futures :

En premier lieu, les mesures spécifiques à la promotion du secteur privé doivent être précédées d’actions en vue de la stabilisation du cadre macro-économique et des politiques favorisant une croissance économique durable. C’est pour cette raison que l’assainissement des finances publiques par la maîtrise des dépenses publiques et une plus grande mobilisation des recettes de l’Etat, l’accroissement des investissements publics qui connaîtront une meilleure programmation pour les orientés vers les actions privilégiant la réduction de la pauvreté, la réduction des déficits de la balance courante doivent demeurer une priorité des actions du gouvernement en matière de gestion économique ;

En second lieu, l’ampleur des contraintes qui font obstacle au développement du secteur privé exige des actions globales et concertées pour favoriser l’émergence d’un environnement transparent et incitatif pour les opérateurs économiques nationaux et étrangers, et pour accorder au secteur privé une large autonomie et une plus grande participation aux décisions le concernant ;

En troisième lieu, la multiplicité des acteurs recommanderait également qu’un accent particulier soit mis sur la coordination des actions de ces différents intervenants en faveur du secteur privé ;

Enfin, au Niger, toute politique de développement en général et de promotion du secteur privé en particulier doit tenir compte de la prédominance du secteur agropastoral, de l’importance de la pauvreté en milieu rural et de l’informalisation grandissante de l’économie, de la structure de la production, de la jeunesse et de la position géographique avantageuse du pays par rapport au Nigeria, au Burkina Faso, au Tchad, à l’Algérie et à la Libye.

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