Niger  Niger
UNDP

3è trimestre 1998

4è trimestre 1998

1er trimestre 1999

4è trimestre 1999

1er trimestre 2000

2è et 3è trimestre 2000


Le PNUD au Niger
NOTE TRIMESTRIELLE D’INFORMATION SUR LES DOMINANTES POLITIQUES, ECONOMIQUES ET SOCIALES DU NIGER

(Deuxième et troisieme trimestres 1999)

«Les informations contenues dans la présente note n’ont d’autres prétentions que de mettre à la disposition des partenaires au développement des éléments susceptibles de compléter les informations qu’ils possèdent sur le pays. Nous remercions les lecteurs de la présente note de nous indiquer d’éventuelles erreurs d’appréciation et de nous proposer des enrichissements. Leurs contributions seront prises en compte soit dans la prochaine note trimestrielle soit dans une note annuelle de synthèse qui couvrira l’année 1999».

(version d’octobre 1999)

RAPPEL DE QUELQUES EVENEMENTS POLITIQUES MAJEURS

• L'environnement international, régional et sous régional

Durant le second et le troisième trimestres 1999, l’économie mondiale a continué à consolider son redressement après la situation de crise aiguë qui l’a ébranlée en 1997 et 1998, notamment en Asie du Sud Est et en Amérique Latine. Les signes de reprise semblent se confirmer dans la plupart des pays en crise. La communauté internationale s’est mobilisée pour convenir de mécanismes de prévention des crises financières avec une certaines moralisation des transactions financières et une atténuation des effets pervers des pratiques dans les paradis fiscaux. A cet égard, les marchés financiers connaissent un redressement significatif lié à des progrès enregistrés en matière de renforcement du système financier international appelé à suivre les opérations et à en évaluer la pertinence au regard des normes, codes de bonne conduite et autres règles de transparence et de responsabilité et ce afin d’anticiper et de corriger les situations de tension ou de dérapage.

Par ailleurs, l’urgence d’un traitement plus conséquent de la dette des pays pauvres continue à préoccuper la communauté internationale avec les avancées enregistrées notamment dans le cadre du processus de réexamen de l’Initiative des institutions de Bretton Woods en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE). En application des recommandations du Sommet du G7 - Cologne Juin 1999 -, l’assemblée annuelle des Institutions de Bretton Woods – Washington, septembre 1999 -, a décidé de reconsidérer les procédures d’accès à l’IPPTE dans un esprit de plus de largesse, de rapidité et d’effectivité, surtout pour les pays encadrés par des réformes et attachés à la lutte contre la pauvreté. Au demeurant, un nouveau concept est né de cette dynamique donnant lieu à un nouveau mécanisme d’intervention : la Facilité de Croissance et de Réduction de la Pauvreté (FCRP).

Enfin, au plan international, le second et troisième trimestres 1999 ont été marqués par un phénomène sans précédent de fusion des grandes entreprises transnationales qui ont touché tous les secteurs de l’activité de recherche et d’application financière, économique, sociale et culturelle. Il s’agit d’un phénomène d’une extrême importance qui prédéterminera dans une large mesure l’architecture future de la société et de l’économie mondiale qui découlera du processus en cours de globalisation. Les montages financiers de telles opérations sont colossaux : A titre d’exemple, les compagnies des télécommunications américaines MCI WorldCom et Sprint ont convenu de la plus importante fusion de l'histoire avec 129 milliards de dollars, le montant de cette dernière fusion et acquisition est à comparer avec celle des compagnies pétrolières Exxon et Mobil : 77 milliards de dollars qui a constitué un record en 1998.

L’Afrique a connu deux moments forts avec les Sommets de l’OUA d’Alger et de Syrte en Libye.

Le Sommet ordinaire d’Alger – mi-juillet 1999 –, a connu un grand succès au regard du niveau remarquable de participation avec une quarantaine de Chefs d’Etat et de Gouvernement. Cette réunion a permis des avancées au regard des thèmes majeurs des discussions qui ont porté sur la prévention et la résolution des conflits ainsi que sur les impératifs d’intégration économique pour la survie du continent dans un contexte de mondialisation et de globalisation. A cet égard, cela a permis à l’Afrique de dénoncer et de condamner à l’avenir les coups d’état militaires comme moyen d’accès au pouvoir et a recommandé d’encourager le recours aux moyens pacifiques, au respect de l’égalité souveraine et de la non ingérence pour sortir des situations de conflit et d’insécurité qui se multiplient sur le Continent. Le Sommet d’Alger a convoqué un Sommet extraordinaire en Libye pour évaluer les progrès accomplis par l’Organisation africaine en matière de mise en œuvre du Traité d’Abuja dans ses aspects de renforcement des Communautés économiques régionales et les objectifs d’une intégration plus globale. Enfin, le Sommet a pris des initiatives afin que l’Afrique puisse disposer de plates- formes africaines communes pour harmoniser les positions des pays membres lors des Conférences internationales de l’OMC à Seattle aux USA et de la CNUCED à Bangkok en Thaïlande.

Le Sommet extraordinaire de Syrte - septembre 1999 - a décidé de la création de l’Union africaine en application des dispositions de la Charte de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), du Traité d’Abuja et du traité instituant la Communauté Economique Africaine (CEA). Les recommandations ont porté sur la mise en place dans les meilleurs délais possibles d’institutions communautaires comme une Banque Centrale Africaine (BCA), un Fonds Monétaire Africain (FMA), une Cour de Justice et un Parlement panafricain. Rendez vous a été pris pour la tenue à Syrte en l’An 2001, d’une session extraordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement pour consacrer l’opérationnalité de l’Initiative.

Enfin, les économies des Pays Africains de la Zone Franc (PAZF) semblent connaître un certain essoufflement en 1999 après les performances enregistrées en 1998 marquées par un niveau satisfaisant de production agricole, une résistance remarquée aux effets de la crise financière internationale et un fléchissement du poids de l’ardoise énergétique, du moins pour les économies importatrices de produits pétroliers qui ont bénéficié d’une baisse de près du tiers du cours de ces produits. Malgré la bonne campagne agricole attendue pour l’année 1999, le renchérissement du prix du pétrole aidant, les économies PAZF connaîtront vraisemblablement en 1999 un taux de croissance moindre que celui atteint en 1998.

• Quelques faits significatifs de la vie politique au Niger

Le second trimestre 1999 a été marqué par un événement déterminant : l’assassinat du Président Baré le 9 avril 1999 sur le tarmac de l’aéroport de Niamey par les membres de la Garde présidentielle. Cela a eu notamment pour effet le ralentissement de la dynamique d’effort de redressement et d’amélioration de l’image de marque du Niger développé ces trois dernières années, depuis le coup d’Etat fomenté, sans écoulement de sang, le 27 janvier 1996 par le colonel Baré contre le régime du Président Mahamane Ousmane.

Il s’en est suivi la mise en place d’un Conseil de Réconciliation Nationale, avec à sa tête le Chef d’Escadron Daouda Mallam Wanké, la suspension de l’Assemblée Nationale et la nomination d’un gouvernement de transition confié à monsieur Ibrahim Assane Mayaki, Premier Ministre du régime de Baré reconduit dans ses fonctions mais à la tête d’un gouvernement de coalition composé par des ministres relevant de plusieurs partis politiques.

La mise en place d’un Conseil Consultatif National en mai 1999 regroupant les représentants des formations politiques, des Chefferies traditionnelles et de la société civile devait pallier provisoirement à l’absence du pouvoir législatif, en attendant l’élection d’une nouvelle Assemblée nationale.

La mise en place en mai 1999 d’une Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) chargée de l’organisation des élections.

La création en juin 1999 d’un Observatoire Nationale de la Communication (ONC).

La nouvelle Constitution a été adoptée par Référendum de juillet 1999 avec une majorité de près de 90% des électeurs, résultat à considérer au regard d’un taux de participation de moins du tiers des inscrits. Dans la nouvelle Constitution adoptée et qui consacre la Vème République, le Niger aura pris une option pour un régime semi présidentiel avec un équilibre des pouvoirs entre l’exécutif et le législatif. Le Premier Ministre est nommé par le Président de la République sur une liste de trois personnalités proposées par la majorité. Il est responsable devant l’Assemblée nationale qui peut le renverser par motion de censure. Parmi les organes de pouvoirs institués par le Constitution : la Cour constitutionnelle, la Cour suprême, la Haute cour de justice, le Conseil supérieur de la communication, le Conseil de la République, le Conseil supérieur de la défense nationale et le Conseil économique, social et culturel.

Elections présidentielles : 1er tour le 17 octobre 99, 2ème tour le 24 novembre et concernent 7 candidats : i) Mahamadou Issoufou du PNSD-TARRAYA, appuyé par les partis PPN-RDA, ORDN-TARMAMOUA et UDPS-AMANA ; ii) Mahamane Ousmane du CDS-RAHAMA, appuyé par le PSDN-ALHERI ; iii) Tandja Mamadou du MNSD-NASSARA avec l’appui du PUND-SALAMA ; iv) Moumouni Djermaloye Adamou de l’ANDP-ZAMANE LAHIYA ; v) Hamid Algabid du RDP- JAMAA ; vi) Amadou Ali Djibo dit Max de l’UNI ; vii) et André Salifou de l’UPDP-CHAMOUA. Une huitième candidature de l’ex Premier Ministre Ahmadou Boubakar Cissé de l’UDR (Union pour la Démocratie et la République) a été invalidée par le Conseil d’Etat.

Elections législatives : novembre 1999, couplée avec le second tour des présidentielles. La nouvelle Assemblée sera composée de 83 députés comme celle qui l’a précédée, avec une répartition entre les sept départements, la Communauté Urbaine de Niamey et les huit circonscriptions spécialisées.

Le coût des opérations électorales (présidentielles et législatives) a été évalué à 2,7 milliards de FCFA dont 1,3 milliards pour le premier tour des présidentielles du 17 octobre et 1,4 milliards pour le second tour des présidentielles et pour les législatives : le 24 novembre. Certains partenaires ont affiché leur volonté de contribuer au financement de l’opération (des promesses ont été enregistrées auprès de nombreux partenaires, confirmées pour certaines : 300 millions de FCFA pour la coopération française, 150 millions pour le Danemark, 100 pour la coopération canadienne, 500 pour l’Union européenne, 71 pour la coopération belge, 250 millions pour le PNUD, etc…).

On note des efforts de la part du CNR pour mener à bien une phase de transition des plus délicates, menée dans un environnement international réprobateur à l’endroit des auteurs du coup d’Etat. Les membres du CNR et du Gouvernement ont immédiatement affiché leur détermination de mener un processus de remise du pouvoir aux civils dans les plus brefs délais et en tout état de cause avant la fin de l’année en cours. Ils ont indiqué leur volonté à ne pas être candidats aux élections politiques et de marquer leur stricte neutralité à l’endroit des formations politiques et des candidats aux élections. Ils multiplient des occasions de rencontres de dialogue et de concertation avec l’ensemble des forces politiques ainsi qu’avec les opérateurs économiques et les représentants de la société civile (les exemples les plus significatifs de cette préoccupation de rétablissement et de consolidation du dialogue politique et social auront été la mise en place d’une Commission Nationale (tripartite : Etat, syndicats, organisations patronales) de Dialogue Social, créée auprès du Ministère chargé de la fonction publique, du travail et de l’emploi, le Forum des hommes d’affaires nigériens à l’extérieur – Niamey, août 1999 -, ou le Forum sur la gestion économique et financière – Niamey, septembre 1999 - qui a permis de débattre, dans l’ouverture et la transparence, du diagnostic et des perspectives économiques et financières du pays, avec une attention particulière accordée aux problèmes d'éthique et de bonne gouvernance.

• Les tendances d'évolution de la situation sociale

La situation sociale est restée des plus tendues durant ces deux trimestres avec la persistance des mouvements de grève dans tous les secteurs d’activité. Les enseignants ont pour leur part décidé de ne plus communiquer les notes octroyées aux élèves et de faire la grève des examens de fin d’année scolaire 1998/99. Dans les rencontres de l’Union des Syndicats des Travailleurs du Niger, pour expliquer la persistance des mouvements de grève qui continuent à affecter le pays malgré la suspension de l’Ordonnance relative à la mise à la retraite de certains agents de l’Etat et des appels répétés pour une trêve sociale durant la période de transition, on faisait état à la fin septembre de dix à 12 mois d’arriérés de salaires.

La ratification en août par le CRN de la Convention internationale de lutte contre la discrimination à l’égard des femmes (CEDEF), adoptée à New York en décembre 1979, malgré les nombreuses réserves émises, a suscité des réactions parfois violentes au sein d’associations islamiques comme par exemple à Maradi où l’antenne régionale de l’ORTN a été saccagée à la fin septembre par des manifestants opposés à la Convention.

Enfin, à noter une série de mutineries dans les prisons nigériennes l’été 1999 qui se sont traduites notamment par la fuite spectaculaire de 74 détenus évadés de la prison civile de Zinder et par la mort par asphyxie de 29 détenus dans la prison civile de Niamey.

• Evolution en matière de consolidation de la paix au Nord du Pays

Un Forum de réconciliation intercommunautaire a été organisé à la mi septembre à Gouré à l’issue duquel les communautés représentées : peule et touboue d’une part et touarègue et toboshie d’autre part, se sont mutuellement pardonnées et ont décidé d’oeuvrer solidairement au renforcement de la paix et de la concorde, avec la mise en place dans les départements de Zinder et de Diffa de comités de suivi des conditions d’application des conclusions et recommandations du Forum. Depuis la tenue du Forum, les Unités Sahariennes de sécurité s’emploient dans cette région comme dans les autres régions concernées par les conflits à récupérer les armes détenues illicitement (il s’agit en l’occurrence des régions de l’Aïr, l’Azawak, le Kawar et le Manga).

Par ailleurs, une opération multinationale (Tchad, Niger et Nigéria) de sécurisation de la région du Lac Tchad a été montée pour mettre fin aux opérations de banditisme armé.

Enfin, des signes de consolidation de la paix dans l’Aïr Ténéré sont perceptibles avec la multiplication des vols charters Paris Agadez, une trentaine attendus cet hiver, cela renoue avec la tradition touristique de cette région après plusieurs années de désaffection due à l’insécurité.

• Les tendances d'évolution de la communication plurielle

L’Observatoire National de la Communication, autorité en charge de la régulation des communications au Niger, a créé en son sein un Comité de contrôle et de suivi de l’accès aux médias des candidats (ou de leurs représentants), aux élections présidentielles. Des mesures ont été arrêtées tendant à faciliter un accès équitable de tous les candidats aux principaux médias publics et privés.

EVENEMENTS DE NATURE MACRO-ECONOMIQUE ET SECTORIELLE

• Indication sur la situation du secteur agricole

Grâce à une bonne année pluviométrique, la campagne agro-sylvo-pastorale 1998/99 s’annonce aussi bonne si non meilleure que la précédente qui fut l’une des plus performantes de ces dix dernières années. En effet, le cumul pluviométrique aura été supérieur à la moyenne enregistrée sur la période 1961-90, avec une bonne répartition dans l’espace et dans le temps. Les évaluations faites au niveau du CILSS et de la FAO font état d’une récolte record de l’ordre de 2,9 millions de tonnes de production céréalière, soit un niveau supérieur de l’ordre de 25% par rapport à la moyenne des cinq dernières années.

La filière coton commence à nourrir un espoir de croissance significative au Niger qui compte plusieurs zones propices reconnues, spécialement dans les départements et arrondissements de Gaya, Dosso, Doutchi, Konni, et Taoua, espoir fondé sur les résultats remarquables obtenus dans ce secteur dans les pays francophones de l’Afrique de l’Ouest, région qui s’est hissée en 1999 au rang de troisième exportateur mondial (Mali, Burkina Faso, Bénin). Les pays concernés par le boom de la production cotonnière ont profité des effets de la dévaluation du FCFA de 1994, ont accru leur capacité de production, ont investi le marché mondial et ont amélioré le niveau de revenu des producteurs et opérateurs de la filière. En ce domaine, le Niger qui a accusé un retard sur ses voisins tente de le combler. La Société China-Niger United Cotton Industrie (CNUCI) exploite un périmètre expérimental de production de semences cotonnières de 70 ha aux environs de Gaya et ambitionne depuis sa création en 1997 à mobiliser des paysans en garantissant un marché d’écoulement de la production et en fournissant semences, fertilisants et autres services d’appui à la production. L’ambition affichée est de faire évoluer le niveau de production de 2.400 tonnes en 1998, ce qui a constitué une croissance remarquable au regard d’une moyenne de 400 tonnes les années précédentes, à 6.000 tonnes en 1999 et une poursuite de cette dynamique pour répondre aux besoins de l’unité d’égrenage mise en place par la société à Gaya avec une capacité de traitement de 40.000 tonnes/an. La filière sera complémentée par une unité de production d’huile de coton. A noter que les activités de la CNUCI interviennent en amont de celles de l’ENITEX, société textile de droit privé, créée par des intérêts chinois dans le cadre de la privatisation de la SONITEX et qui offre sur place un débouché à la production cotonnière locale.

• évolution des principaux indicateurs de l'activité économique et sociale

l'évolution de l’indice des prix à la consommation.

Le niveau général des prix a connu au Niger une tendance générale à la baisse depuis le début de l’année 1999. Au troisième trimestre cette baisse à été de l’ordre de 0.3%. Au regard de septembre 1998, la baisse aura été de 3.9 % (cf. en annexe le tableau portant évolution de l’indice harmonisé des prix à la consommation durant le troisième trimestre 1999). Comparativement à ce qui s’est passé dans les autres pays de l’UEMOA qui ont connu une certaine tendance à la hausse des prix en 1999, la baisse des prix spécifique au Niger s’explique davantage par la réduction du niveau de consommation des ménages découlant de la chute notable du pouvoir d’achat des populations, les salariés accusant près d’une année d’arriérés des traitements et salaires, que par la relative stabilité des prix des produits agricoles.

l'évolution des recettes fiscales

Les efforts pour améliorer les recettes fiscales se poursuivent avec les résultats annoncés de la Commission de lutte contre la délinquance économique, fiscale et financière qui aurait récupéré depuis sa création en mai 1999 à la fin juillet 1999 plus de deux milliards de FCFA. Par ailleurs, la mise en œuvre progressive du système de retenue à la source pour la récupération de la TVA due par les opérateurs économiques permettra dans l’avenir une meilleure récupération de la fiscalité.

la poursuite des efforts de stabilisation des dépenses publiques

La période de transition en cours aura été marquée en ce domaine par la volonté des autorités de poursuivre les efforts d’austérité et de rigueur convenus dans les accords économiques et financiers conclu avec les Institutions de Bretton Woods. Pour l’année 1999, le maintien du gel des mesures d’avancement dans la Fonction publique et la décision de réduire de 50 % les indemnités des membres du Gouvernement permettront une économie de dépense publique de l’ordre de 1 milliard de FCFA.

EVENEMENTS DE NATURE THEMATIQUE

le programme de privatisation

Création lors du remaniement du Gouvernement de transition de juillet 1999 d’un Ministère délégué auprès du Premier Ministre, en charge de la privatisation, doté de trois cellules opérationnelles compétente respectivement en matière : i) de coordination du programme de privatisation, ii) de liquidations et restructurations, iii) et de communication et aspects sociaux de la privatisation. Il faut relever que la période de transition couverte par le second et troisième trimestre 1999 aura été marquée en matière de privatisation par le démarrage d’un travail d’évaluation des conditions de privatisation déjà réalisées (SOLANI, SNC et SONITEX), parfois dans des conditions peu compatibles avec les exigences de transparence et de concurrence. Les conclusions des audits mis en place pour vérifier si les conditions contractuelles retenues dans les accords de privatisation sont respectées, permettront de tirer des enseignements utiles pour les prochaines privatisations. Dans le cadre de l’appui de la Banque Mondiale au programme de privatisation, des équipes d’experts sont à pied d’œuvre pour lancer des avis à manifestation d’intérêt pour l’octroi de deux licences pour l’établissement et l’exploitation de réseaux publics de téléphonie cellulaire de norme GSM et pour la reprise des entreprises publiques de l’électricité, de l’eau, des télécommunications (CCF Charterhouse, le Conseiller du Gouvernement en matière de privatisation de la SONITEL a déjà lancé une invitation à la pré-qualification pour la cession de plus de 51% du capital de l’entreprise publique et pour la sélection d’un partenaire stratégique) et de l’Hôtel Gaweye de Niamey. Enfin, dans le climat de tension sociale qui prévaut au Niger, une attention particulière est accordée aux effets sociaux indésirables provoqués par les opérations de privatisation, avec la mise en place de cellules de concertation au sein des entreprises et d’un comité national regroupant les acteurs concernés par le processus, comité mandaté pour veiller aux montants des indemnités de départ des employés licenciés ainsi qu’aux mesures d’accompagnement, voire de reconversion des travailleurs affectés (à rappeler à cet effet que sur les 18 millions de dollars alloués par la Banque Mondiale en support au programme de privatisation, 4 millions l’ont été au profit du financement de plans sociaux d’accompagnement des opérations de privatisation).

EVENEMENTS EN RELATION AVEC LA COOPERATION INTERNATIONALE

De façon générale, les relations de coopération entre le Niger et ses partenaires au développement se sont trouvées affectées par le coup d’Etat d’avril 1999. Il en a résulté un ralentissement voire un gel momentané des déboursements des programmes d’assistance notamment au niveau des partenaires bilatéraux dont certains attendent la fin de la transition et le bon déroulement du processus de mise en place d’institutions démocratiques pour normaliser leurs relations de coopération avec le Niger. Certains observateurs parlent d’un véritable boycott économique du Niger dont les conséquences sont difficiles à évaluer au regard des risques d’aggravation de la situation de pauvreté et d’extrême pauvreté que vivent les populations. Pourtant, des efforts remarquables ont été déployés et se poursuivent par le Gouvernement de transition pour tenter, parfois avec succès, de relancer la coopération avec ses partenaires.

• La coopération Niger-Allemagne

Dans le cadre de la coopération allemande, le Niger a obtenu en août 1999 un montant d’environ 1 milliards de FCFA pour la mise en œuvre de deux projets, l’un portant sur le soutien de la paix dans la Région du Nord (543 millions de FCFA), il s’agit en l’occurrence de la phase initiale d’un grand programme de 16 milliards de FCFA visant la réinsertion socio-économique des populations éprouvées par la situation d’insécurité qui prévalait dans la Région et plus généralement le renforcement des conditions de croissance et de développement de cette partie du territoire nigérien. Le second projet concerne l’hydraulique villageoise avec un montant de 370 millions de FCFA alloués à des opérations visant l’amélioration durable de l’approvisionnement en eau potable des population rurales dans le département de Maradi.

• La coopération franco-nigérienne

La France a décidé d’interrompre son assistance civile et militaire au Niger à la suite des événements d’avril 1999. Cependant certaines opérations portant sur des projets décentralisés profitant aux populations ont été poursuivies. C’est ainsi que la reconstruction de deux ponts détruits par les pluies diluviennes de l’été 1998, sur le Gonti Yéna à Niamey, a été parachevée en août 1999 pour un coût de 500 millions de FCFA.

• La coopération avec les Institutions de Bretton Woods

Suspension des déboursements de la BM à partir de la mi- septembre, liée au non remboursement des échéances exigibles par l’IDA évaluées à 1,3 milliards de FCFA. Les programmes et projets financés par l’IDA, un portefeuille de 9 projets en cours (trois dans le secteur du développement rural, deux dans les infrastructures, deux en matière d’appui aux réformes économiques, un pour l’enseignement fondamental et un pour la santé) et trois en préparation (secteur eau, promotion des exportations agricoles et biodiversité dans l’Aïr-Ténéré), le tout portant sur un volume financier total de 165 milliards de FCFA seront certainement affectés au moins dans leur calendrier de mise en œuvre par cette décision, même si les activités y relatives n’auront pas été brutalement et immédiatement arrêtées. A noter que la décision de suspension des déboursements est davantage liée au retard de paiement de créances dues qu’à la situation politique après le coup d’Etat d’avril 1999.

• Evolution de la coopération avec le PNUD

Le programme de coopération du PNUD avec le Niger a connu durant le deuxième trimestre 1999 la signature des documents d’appui aux programmes (DAP) concernant la lutte contre la pauvreté d’une part et d’autre part la préservation de l’environnement et la protection des ressources naturelles. Le DAP sur la lutte contre la pauvreté, signé en mai 1999, porte sur un montant de 6,7 millions de $.US et contribuera au développement des capacités des populations des zones rurales, ainsi qu’au renforcement des structures décentralisées de l’Etat pour la réalisation de la sécurité alimentaire, l’accès aux services sociaux de base et le renforcement de la société civile dans quatre zones d’intervention : Nguigmi, Zinder, Mayahi et Tera-Nord. Le DAP relatif à la préservation de l’environnement et à la protection des ressources naturelles, signé en juin 1999, porte quant à lui sur un montant de 4,5 millions de $.US et concerne trois domaine d’intervention : i) renforcement des fonctions stratégiques du Comité National pour l’Environnement et le Développement Durable (CNEDD) pour la mise en œuvre et le suivi de la Convention de l’Agenda 21, ii) promotion d’actions pilotes communautaires de lutte contre la désertification à l’échelon local dans les zones de Tera-Nord et de la Haute Terka, iii) création de conditions d’une gestion durable, participative et décentralisée des ressources en eau. A noter enfin, que dans le cadre de l’appui au renforcement du processus démocratique au Niger, une enveloppe financière de 250 millions de FCFA a été dégagée pour appuyer le processus électoral en moyens d’expertise (2), en Volontaires des Nations Unies (10), ainsi qu’en moyens logistiques informatiques et de communications.

• L'évolution de la coopération avec la FAO

La FAO a mis à la disposition du Niger une assistance financière de 327.000 $ US dans le cadre de la mise en œuvre d’un projet d’appui à la restructuration des institutions rurales. L’appui de la FAO consistera plus spécialement en la mise en place d’un réseau de Chambres d’Agriculture autonomes de la Chambre de Commerce de l’Agriculture, de l’Industrie et de l’Artisanat du Niger (CCAIAN).

• L'évolution de la coopération avec la Francophonie

Le huitième Sommet de la Francophonie tenu en début septembre à Moncton dans le Nouveau-Brunswick au Canada, a constitué une occasion pour la délégation gouvernementale nigérienne de plaider avec succès auprès des partenaires la normalisation des relations entre le Niger et la Francophonie. Les efforts du Gouvernement nigérien ont été sanctionnés par la décision de reprise de la coopération suspendue lors de la 32ème session du Conseil permanent en réaction au coup d’Etat d’avril 1999.

ANNEXE N°1 portant indice harmonisé des prix à la consommation pour les pays membres de l'U.EM.O.A., Niamey, septembre 1999, base 100 :1996 (PDF-

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